Chatouiller son rat 15 secondes, trois jours de suite : le dosage validé par une étude
Publié par Planète Pets · éditeur responsable : Clément Lacaille · comment nos guides sont rédigés
Le chatouillement du rat, qui imite le jeu de lutte entre congénères, est devenu une technique reconnue pour habituer un rat à la main avant un geste potentiellement désagréable. Une étude américaine a cherché le dosage le plus efficace, avec des résultats qui déjouent l'intuition. Nos autres pistes de jeu et d'enrichissement figurent dans la rubrique jouets et enrichissement du rongeur.
Sommaire · 5 parties
Neuf combinaisons testées sur 72 rats
Publiée en 2018 dans Applied Animal Behaviour Science par LaFollette, O'Haire, Cloutier et Gaskill, l'étude a réparti 72 rats Long-Evans logés en binômes selon deux paramètres croisés : la durée du chatouillement par séance (15, 30 ou 60 secondes) et le nombre de jours consécutifs de chatouillement avant un geste de contention (1, 3 ou 5 jours) (, doi 10.1016/j.applanim.2018.08.005).
La durée ne change rien, la fréquence change tout
Résultat inattendu : ni la durée du chatouillement ni sa fréquence n'ont modifié le comportement d'approche envers un humain inconnu, le temps nécessaire pour contenir l'animal, ou le taux de corticostérone fécale (p > 0,05 sur ces trois mesures, quelle que soit la combinaison). En revanche, trois jours de chatouillement consécutifs produisaient un taux plus élevé de vocalisations ultrasoniques à 50 kHz, associées à un état positif, avant et pendant la séance (p < 0,0001), et davantage de comportements de jeu avec moins d'inactivité dans l'heure précédant la manipulation (p < 0,003), comparé à un seul jour. Aucune différence supplémentaire n'apparaissait entre trois et cinq jours : au-delà de trois jours, l'effet plafonne.
Sur l'approche et le temps de contention, les rats chatouillés — toutes durées et fréquences confondues — nécessitaient moins de tentatives et moins de temps pour être maîtrisés qu'un groupe témoin non chatouillé (p < 0,05).
Le paradoxe de la corticostérone
Un résultat mérite d'être signalé sans être aplani : les rats chatouillés présentaient un taux de corticostérone fécale plus élevé que les témoins non chatouillés (p = 0,003), alors même que leur comportement d'approche s'améliorait. La corticostérone fécale et le comportement observé ne racontent donc pas la même histoire, un rappel utile que « moins de stress mesuré » et « meilleur comportement » ne sont pas toujours superposables. Cette nuance rejoint les réserves déjà formulées dans notre article sur l'apprivoisement sans stress chez un rongeur craintif.
Ce que cela donne comme dosage pratique
Le dosage le plus économe en temps et aussi efficace que les protocoles plus longs est de 15 secondes de chatouillement par jour, pendant trois jours consécutifs, avant un geste qui pourrait être perçu comme désagréable — une visite chez le vétérinaire ou une manipulation pour un soin. Passer à 30 ou 60 secondes, ou répéter cinq jours plutôt que trois, n'apporte rien de plus selon cette étude.
Questions fréquentes
Le chatouillement fonctionne-t-il chez tous les rongeurs ?
L'étude porte spécifiquement sur le rat, dont le répertoire de jeu social est bien documenté. Rien ne garantit un effet comparable chez le hamster ou le cochon d'Inde, aux répertoires sociaux différents.
Faut-il s'inquiéter de la hausse de corticostérone ?
L'étude ne tranche pas cette question et n'a mesuré aucune conséquence négative associée à cette hausse. Retrouvez tous nos guides sur le hub rongeur.
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