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Otites du cocker : les mesures directes ne retrouvent pas le fameux microclimat de l’oreille tombante

Chien · Hygiène & soins ·

Publié par Planète Pets · éditeur responsable : Clément Lacaille · comment nos guides sont rédigés

« L’oreille tombante ferme le conduit et crée un microclimat chaud et humide » : l’explication est partout, et elle est plausible. Elle n’est simplement pas ce que les mesures directes retrouvent. Chez le cocker, un travail histologique publié en 2002 par Angus, Lichtensteiger, Campbell et Schaeffer dans le Journal of the American Veterinary Medical Association désigne plutôt un terrain glandulaire (voir l’étude). Nos repères figurent dans la rubrique hygiène et soins du chien.

Portrait d’un golden retriever au regard attentif
Sommaire · 5 parties
  1. Le pavillon tombant pèse, mais moins que la race
  2. Le microclimat annoncé n’a pas été retrouvé
  3. Chez le cocker, des glandes cérumineuses en cause
  4. Ce que cela change à la maison
  5. Questions fréquentes

Le pavillon tombant pèse, mais moins que la race

O’Neill et ses collègues ont analysé en 2021, dans Canine Medicine and Genetics, un échantillon aléatoire de 22 333 chiens en clientèle vétérinaire britannique (voir l’étude) : la prévalence annuelle de l’otite externe y atteint 7,30 %. Le pavillon tombant ressort bien, avec un odds ratio de 1,76 (IC95 1,48-2,10) face à une oreille dressée — un effet modeste au regard des écarts entre races : basset hound 5,87, shar peï 3,44, beagle 2,54, golden retriever 2,23, cocker spaniel 1,67 (1,29-2,17) par rapport aux croisés, quand le chihuahua tombe à 0,20 et le border collie à 0,34. Le gabarit compte aussi (2,35 au-delà de 40 kg contre moins de 10 kg) ; la brachycéphalie, non.

Le microclimat annoncé n’a pas été retrouvé

Huang et Huang ont mesuré en 1999, dans l’American Journal of Veterinary Research, la température du conduit chez 650 chiens sans signe auriculaire, classés selon la forme du pavillon et la pilosité du conduit (voir l’étude) : aucune différence significative entre oreilles dressées et tombantes, et des conduits poilus plutôt plus froids que les conduits glabres. Comptaient surtout le poids, l’âge et la température ambiante. Yoshida, Naito et Fukata sont allés plus loin en 2002 dans le Journal of Veterinary Medical Science : sur 187 chiens, dont 160 mesurés, ni la température ni l’humidité ne différaient entre chiens sains et otitiques (voir l’étude). La flore, elle, différait nettement : 4,16 log₁₀ ufc/g en oreille otitique contre 2,55 en oreille saine.

Chez le cocker, des glandes cérumineuses en cause

Sur 80 chiens opérés d’une ablation totale du conduit, Angus et ses collègues comptaient 48 cockers américains, soit 60 % de la série. Chez eux, 35 sur 48 (72,9 %) présentaient un profil tissulaire à dominante cérumineuse — hyperplasie et ectasie des glandes cérumineuses — contre 9 sur 32 (28,1 %) chez les autres races, où c’est la fibrose qui dominait (13 sur 32 contre 4 sur 48). Kaimio et ses collègues ont complété le tableau en 2021 dans le Journal of Comparative Pathology : chez 28 cockers américains explorés par otoscopie vidéo et biopsies, ces lésions étaient déjà présentes dans 6 des 13 oreilles cliniquement saines et dans 13 des 15 oreilles otitiques (voir l’étude). La lésion précède donc les signes. Neuf chiens sur 28 avaient toutefois des glandes normales, et la recherche génétique n’a trouvé aucune association significative : aucun gène, aucun test ADN.

Ce que cela change à la maison

Deux précisions : Angus et Kaimio portent sur le cocker américain, O’Neill sur le cocker anglais. Et personne n’a mesuré, chez un même chien, l’humidité du conduit avant et après relèvement du pavillon : l’hypothèse de la ventilation reste plausible, mais jamais testée directement.

  • Surveiller le volume et la texture du cérumen plutôt que multiplier les nettoyages : une production abondante relève d’un terrain, pas d’un défaut d’entretien.
  • Faire chercher la cause primaire devant des otites qui reviennent : Saridomichelakis et ses collègues retrouvaient en 2007 une dermatite allergique dans 43 cas sur 100, des épillets dans 12 et une otacariose dans 7 (voir l’étude).
  • Choisir un produit adapté plutôt qu’augmenter la cadence : voir notre guide sur le nettoyant auriculaire pour chien et, pour la routine de la race, celui sur l’hygiène des oreilles du cocker anglais.

Questions fréquentes

L’oreille tombante est-elle la cause des otites du cocker ?

Elle y contribue, mais elle n’explique pas les écarts entre races, et le microclimat qu’on lui attribue n’a pas été retrouvé par les mesures.

Faut-il nettoyer plus souvent une oreille qui produit beaucoup de cérumen ?

Pas mécaniquement : l’abondance de cérumen renvoie ici à un terrain décrit dès l’oreille saine. Mieux vaut suivre son évolution et en parler au vétérinaire.

Existe-t-il un test génétique pour dépister ce terrain ?

Non : la recherche de 2021 n’a identifié ni association significative ni gène, et aucun test ADN n’existe à ce jour. Retrouvez tous nos guides sur le hub chien.

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Ce guide fait partie de l’univers Chien de Planète Pets. Nos conseils sont d’ordre général : pour toute question de santé, votre vétérinaire reste la seule référence.

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