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Chien dans la chambre ou sur le lit : la différence est mesurable

Chien · Couchage & habitat ·

Publié par Planète Pets · éditeur responsable : Clément Lacaille · comment nos guides sont rédigés

Le débat est habituellement posé en tout ou rien : le chien dort dans la chambre, ou il n’y dort pas. Les mesures disponibles suggèrent que ce n’est pas la bonne question. Nos repères de couchage sont réunis dans la rubrique couchage et habitat du chien.

Portrait d’un golden retriever au regard attentif
Sommaire · 5 parties
  1. La ligne de partage passe au bord du matelas
  2. Le dormeur ne s’en aperçoit pas
  3. Ce que ces études ne démontrent pas
  4. Le test à faire chez soi
  5. Questions fréquentes

La ligne de partage passe au bord du matelas

Patel, Miller, Kosiorek, Parish, Lyng et Krahn ont publié en 2017, dans Mayo Clinic Proceedings, une étude d’actimétrie menée au domicile de 40 adultes sans trouble du sommeil et de leur chien, sur sept nuits chacun (voir l’étude). Les dormeurs affichaient une efficacité de sommeil de 81 % ± 7 % et 71 ± 35 minutes d’éveil après endormissement ; les chiens, une efficacité de 85 % ± 15 %.

Le résultat qui compte est ailleurs : l’efficacité de sommeil humaine était significativement plus basse lorsque le chien se trouvait sur le lit plutôt que simplement dans la pièce (p = 0,003). Autrement dit, la présence du chien dans la chambre n’est pas en cause ; le partage du matelas, si.

Le dormeur ne s’en aperçoit pas

Hoffman, Browne et Smith ont suivi en 2020, dans Animals, 12 femmes dormant chacune avec un seul chien et sans partenaire humain, soit 54 533 minutes enregistrées (voir l’étude).

  • L’humaine bougeait 4,5 % du temps de sommeil, le chien 12,4 %.
  • Le chien bougeait en même temps dans environ la moitié des minutes où l’humaine bougeait.
  • Surtout, l’asymétrie est nette : l’humaine avait environ 3,5 fois plus de chances de se mettre à bouger pendant que le chien bougeait, alors que le chien n’avait que 2 fois plus de chances de bouger pendant que l’humaine bougeait. C’est donc le chien qui entraîne le dormeur, plus que l’inverse.
  • Or les participantes ne signalaient un réveil attribué au chien que sur une minorité de nuits, et trois d’entre elles jamais.

Ce que ces études ne démontrent pas

Ni l’une ni l’autre n’utilise la polysomnographie : l’actimétrie déduit le sommeil du mouvement du poignet et ne mesure aucun stade de sommeil. Une cooccurrence de mouvements sur des tranches d’une minute n’est pas un micro-éveil, et une cause commune (bruit, chaleur, matelas qui bouge) peut expliquer une partie de la synchronie. Les deux échantillons sont très féminins — 88 % chez Patel, exclusivement des femmes chez Hoffman, seules dans leur lit avec un unique chien. Aucune donnée sur les hommes, les couples ou les foyers multi-chiens. Enfin, aucune de ces études ne mesure le bien-être du chien selon l’endroit où il dort : le déplacer au sol peut lui être neutre, favorable ou désagréable, rien ne permet de trancher.

Un mot sur un chiffre qui circule beaucoup : le couple « 83 % contre 80 % » d’efficacité de sommeil attribué à cette étude n’apparaît dans aucune source primaire accessible. Nous ne le reprenons pas.

Le test à faire chez soi

  • Déplacer le couchage, pas le chien. Un panier au sol dans la même chambre conserve la présence et supprime le seul contraste où une différence a été mesurée — voir nos critères pour choisir un panier adapté à sa taille.
  • Ne pas se fier à son ressenti. Les dormeuses suivies par Hoffman se disaient rarement réveillées par leur chien alors qu’il s’agitait une minute sur deux.
  • Tenir un journal sur trois ou quatre nuits — heure de coucher, heure de lever, note de qualité sur cinq — chien sur le lit, puis chien au sol. C’est le protocole des deux études, et le seul moyen de savoir pour son propre cas.
  • Si le chien lui-même dort mal, le problème n’est pas le même : nos pistes sont réunies dans notre article sur le sommeil fragmenté du chien.

Questions fréquentes

Faut-il sortir le chien de la chambre ?

Rien dans ces données ne le suggère. C’est le partage du matelas, et non la présence dans la pièce, qui est associé à une efficacité de sommeil plus basse.

Et si mon chien refuse son panier ?

Il s’agit d’un apprentissage progressif, à mener en journée avant de le tenter la nuit, et à ne pas engager en pleine période de bouleversement pour l’animal.

Ces résultats valent-ils pour un chiot ?

Non : les chiens de moins de six mois étaient exclus de l’étude de 2017. Retrouvez tous nos guides sur le hub chien.

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Ce guide fait partie de l’univers Chien de Planète Pets. Nos conseils sont d’ordre général : pour toute question de santé, votre vétérinaire reste la seule référence.

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