Staffordshire Bull Terrier : les deux tests ADN à exiger avant d’acheter un chiot
Le staffordshire bull terrier fait partie des races où la génétique a apporté une réponse nette : deux de ses maladies héréditaires les plus lourdes sont récessives, causées par une mutation identifiée, et se dépistent sur un écouvillon buccal. Un éleveur sérieux vous montrera les résultats sans qu’on ait à les demander. La fiche de race du staffordshire bull terrier replace ces points dans son profil.
L’acidurie L-2-hydroxyglutarique
C’est une maladie métabolique neurologique, dont la mutation causale a été identifiée par Jacques Penderis, C. Abramson, Cathryn Mellersh et leurs collègues, dans un travail publié en 2007 dans le Journal of Medical Genetics : une double substitution dans l’exon 10 du gène L2HGDH, avec une ségrégation parfaite sur 21 chiens atteints, 11 porteurs obligatoires et 127 témoins apparentés (étude sur Google Scholar). C’est cette ségrégation parfaite qui a permis un test ADN fiable. Côté clinique, l’étude d’A. Shea, Luisa De Risio et leurs collègues, publiée en 2016 dans The Veterinary Record sur 27 staffordshire bull terriers atteints, décrit un âge moyen d’apparition de 12 mois avec des extrêmes de 2,5 mois à 5 ans, une raideur des quatre membres chez 24 chiens sur 26 comme signe le plus précoce, des troubles du comportement chez 24 sur 27 et des épisodes convulsifs ou dyskinétiques chez 18 (étude sur Google Scholar). Fait rassurant et souvent ignoré : 19 chiens sur 27 étaient encore vivants après une survie moyenne de plus de six ans depuis les premiers signes.
La cataracte héréditaire juvénile
Elle relève d’un autre gène. Cathryn Mellersh, Louise Pettitt, Oliver Forman et Keith Barnett ont identifié, dans une étude publiée en 2006 dans Veterinary Ophthalmology, une insertion d’un nucléotide dans l’exon 9 du gène HSF4 responsable d’une cataracte héréditaire récessive chez le staffordshire bull terrier (étude sur Google Scholar). L’opacification apparaît tôt dans la vie et évolue vers une cécité complète autour de trois ans chez les chiens atteints. Là encore, le test précède largement l’apparition des signes — c’est tout l’intérêt.
Ce que le test a déjà changé
Le meilleur argument pour exiger ces résultats est mesuré. Thomas Lewis et Cathryn Mellersh ont analysé, dans une étude publiée en 2019 dans PLOS ONE à partir des données du Kennel Club britannique, l’effet de la mise sur le marché des tests ADN sur huit maladies dans huit races : chez le staffordshire bull terrier, la fréquence de l’allèle HSF4 est passée de 0,67 % avant le test à 0,09 % après, soit un recul de près de 86 % (étude sur Google Scholar). Une race peut donc effacer une maladie héréditaire en quelques générations — à condition que les acheteurs demandent les papiers.
Comment lire les résultats
Les deux maladies sont autosomiques récessives. Trois statuts existent par test : indemne, porteur, atteint. Un porteur est parfaitement sain ; il ne pose problème que s’il est croisé avec un autre porteur, auquel cas un quart des chiots en moyenne sera atteint. Une portée est donc sûre dès lors qu’au moins l’un des deux parents est indemne pour la maladie considérée. Attention : un chiot dont les deux parents sont testés indemnes est dit « indemne par ascendance » — c’est valable, à condition que la filiation soit vérifiée. Un âge moyen d’apparition à 12 mois signifie qu’aucun examen clinique du chiot ne remplace le test : on ne voit rien à huit semaines.
Le reste du budget
Un suivi neurologique, une IRM ou une chirurgie de cataracte se chiffrent vite en milliers d’euros, et ces affections sont exclues si elles sont déjà déclarées. Nos repères sont dans assurer un staffordshire bull terrier et dans assurance santé du chien. Pour le quotidien d’un chien puissant et joueur, voir nos jouets solides pour staffordshire bull terrier et la rubrique hygiène et soins du chien.
Questions fréquentes
Peut-on faire tester un chien adulte déjà acheté ?
Oui, sur écouvillon buccal ou prise de sang, dans n’importe quel laboratoire de génétique canine. C’est surtout utile si vous envisagez de le faire reproduire.
Un chien porteur doit-il être écarté de la reproduction ?
Non, et l’écarter systématiquement appauvrirait la race. Il suffit de ne jamais l’accoupler avec un autre porteur de la même mutation.
Existe-t-il un traitement de la L-2-HGA ?
Pas de traitement curatif. La prise en charge vise le contrôle des crises et le confort ; beaucoup de chiens vivent des années après le diagnostic.
Ce guide fait partie de l’univers Chien de Planète Pets. Nos conseils sont d’ordre général : pour toute question de santé, votre vétérinaire reste la seule référence.