Bulldog anglais : la césarienne concerne plus de 8 portées sur 10

🐕 Chien · 🧴 Hygiène & soins · mis à jour le 27/08/2026

Portrait d’un golden retriever au regard attentif

« Elle mettra bas toute seule, on verra bien » : chez le bulldog anglais, cette phrase peut coûter la vie d’une chienne. La reproduction de la race est un acte médical programmé, pas un événement naturel qu’on laisse arriver. Notre article sur le syndrome brachycéphale du bulldog anglais traite sa respiration ; celui-ci traite la mise bas, un sujet dont les chiffres sont rarement donnés clairement.

Plus de 80 % des portées

L’étude de K. M. Evans et V. J. Adams, publiée en 2010 dans le Journal of Small Animal Practice, reste la référence sur le sujet : une enquête transversale auprès des adhérents de clubs de race, portant sur 151 races, 13 141 chiennes et 22 005 portées (étude sur Google Scholar). Chez le bulldog anglais, le bouledogue français et le boston terrier, la proportion de portées nées par césarienne dépasse 80 %, le bulldog anglais se situant autour de 86 %. Les dix races aux taux les plus élevés sont, dans l’ordre, le boston terrier, le bulldog, le bouledogue français, le mastiff, le scottish terrier, le bull terrier miniature, le braque allemand à poil dur, le clumber spaniel, le pékinois et le dandie dinmont terrier. Une portée sur sept environ naît donc par voie naturelle chez le bulldog : c’est l’exception, pas la règle.

Pourquoi cette proportion

Trois facteurs se cumulent. La disproportion fœto-pelvienne d’abord : une tête et des épaules larges pour un bassin étroit et peu incliné. L’inertie utérine ensuite, fréquente dans les races à portées peu nombreuses et à chiots volumineux. Le risque anesthésique enfin, qui rend l’intervention en urgence, la nuit, sur une chienne déjà épuisée, nettement plus dangereuse qu’une césarienne programmée sur date d’ovulation. C’est tout l’enjeu : la césarienne du bulldog se planifie, avec dosage de la progestérone, et non se subit.

Une fragilité qui ne s’arrête pas à la mise bas

L’étude de D. G. O’Neill et ses collègues, publiée en 2022 dans Canine Medicine and Genetics, compare 2 662 bulldogs anglais à 22 039 chiens d’autres races suivis en médecine générale au Royaume-Uni (étude sur Google Scholar). Le bulldog présente 2,04 fois plus de risque d’avoir au moins une affection diagnostiquée dans l’année, et se trouve prédisposé à 24 des 43 affections analysées — dont la dermatite des plis cutanés, avec un rapport de cotes de 38,12, et le prolapsus de la glande de la membrane nictitante, à 26,79. Ce contexte compte pour une chienne reproductrice : elle cumule les risques respiratoires, cutanés et obstétricaux.

Ce qu’il faut en tirer

Pour un particulier, la conclusion est nette : faire reproduire une bulldog sans suivi vétérinaire spécialisé, sans échographie de comptage et sans date de césarienne fixée à l’avance n’est pas une économie, c’est une prise de risque. Pour un acheteur, cela explique aussi le prix des chiots. Le reste du profil de la race est sur sa fiche, et les soins quotidiens dans la rubrique hygiène et soins du chien.

Le point assurance, souvent mal compris

La gestation, la mise bas et la césarienne sont exclues de la quasi-totalité des contrats santé animale français : ce sont des frais à provisionner en propre, pas à assurer. En revanche, les affections chroniques de la race — peau, yeux, voies respiratoires — relèvent bien du contrat, à condition de souscrire avant leur apparition. Nos repères sont sur la page assurer un bulldog anglais.

Questions fréquentes

Une bulldog peut-elle mettre bas naturellement ?

Cela arrive, mais reste minoritaire. La décision se prend sur imagerie et suivi hormonal, jamais sur un pari.

Combien de césariennes une chienne peut-elle supporter ?

La question se pose dès la deuxième, et la réponse dépend de l’état de l’utérus constaté en chirurgie. Beaucoup de vétérinaires proposent une stérilisation lors de la dernière césarienne.

La césarienne est-elle remboursée par une assurance santé ?

Non dans la très grande majorité des contrats, qui excluent tout ce qui touche à la reproduction. Vérifiez la clause avant de souscrire si le sujet vous concerne.

Ce guide fait partie de l’univers Chien de Planète Pets. Nos conseils sont d’ordre général : pour toute question de santé, votre vétérinaire reste la seule référence.

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