Bull terrier : la néphropathie héréditaire se dépiste avec une analyse d’urine
Le bull terrier a la réputation d’être un chien solide, et il l’est. Sa vraie fragilité est silencieuse : une maladie rénale héréditaire qui progresse pendant des années sans le moindre signe visible, et qu’un simple examen d’urine détecte bien avant. Notre article sur la poursuite compulsive de la queue chez le bull terrier traite l’autre grand sujet de la race ; celui-ci s’attaque au rein.
Une transmission dominante, donc visible dans le pedigree
C’est ce qui rend cette maladie particulière. Les travaux de J. Hood et ses collègues, publiés en 1990 dans The Veterinary Record à partir d’une famille de 33 bull terriers atteints d’insuffisance rénale, ont établi le mode de transmission : chaque descendant atteint avait au moins un parent atteint, le sex-ratio était équilibré, et aucune génération n’était « sautée » — la signature d’un gène autosomique dominant (étude sur Google Scholar). Conséquence pratique : contrairement aux maladies récessives, il n’existe pas de « porteur sain ». Un chien qui a le gène développera la maladie, tôt ou tard, et la transmettra à la moitié de sa descendance en moyenne.
Le modèle canin du syndrome d’Alport
L’étude de J. C. Hood, J. Savige, A. Hendtlass, M. M. Kleppel, C. R. Huxtable et W. F. Robinson, publiée en 1995 dans Kidney International, a comparé la maladie du bull terrier aux formes humaines du syndrome d’Alport (étude sur Google Scholar). Les auteurs décrivent des anomalies ultrastructurales de la membrane basale glomérulaire, une hématurie fréquente et, chez certains chiens, un lenticône antérieur — une déformation du cristallin. Différence notable avec l’homme : la surdité n’accompagne pas l’atteinte rénale chez le chien. Le délai avant insuffisance rénale déclarée varie énormément, de onze mois à huit ans selon les individus, ce qui explique qu’un chien puisse être reproduit avant que sa maladie ne se manifeste.
Le dépistage tient en un flacon
Puisque la protéinurie précède de loin les signes cliniques, l’examen de référence est le rapport protéines/créatinine urinaire, ou RPCU. Les seuils vétérinaires usuels situent la zone de protéinurie au-delà de 0,5, la zone douteuse entre 0,2 et 0,5. Un résultat élevé se recontrôle sur plusieurs prélèvements avant conclusion, et il faut se méfier des chiots de moins de trois mois, chez qui une protéinurie transitoire est banale. Le principe retenu par les clubs de race est simple : un RPCU annuel dès l’âge d’un an, systématiquement avant toute saillie. Chez un bull terrier, une bandelette urinaire seule ne suffit pas.
Ne pas confondre avec la polykystose rénale
Le bull terrier cumule deux maladies rénales héréditaires distinctes. L’étude de C. O’Leary et ses collègues, publiée en 1999 dans l’Australian Veterinary Journal, décrit chez cette race une polykystose rénale elle aussi autosomique dominante, mais qui se dépiste à l’échographie et non par l’urine (étude sur Google Scholar). Un bilan rénal complet dans la race associe donc les deux examens. Le profil général de la race est sur sa fiche, et les autres suivis dans la rubrique hygiène et soins du chien.
Ce que ça pèse dans un budget
Une insuffisance rénale chronique, c’est un aliment thérapeutique à vie, des bilans sanguins réguliers, parfois des perfusions. Elle s’installe souvent après plusieurs années : le contrat doit donc exister bien avant le premier RPCU anormal, faute de quoi le rein devient une exclusion. Nos repères sont sur la page assurer un bull terrier.
Questions fréquentes
À partir de quel âge faire le premier RPCU ?
Dès un an, puis chaque année. Avant trois mois, le résultat n’est pas interprétable de façon fiable.
Un RPCU élevé signifie-t-il une maladie héréditaire ?
Pas nécessairement : une infection urinaire, une fièvre ou un effort récent élèvent transitoirement le rapport. C’est la répétition du résultat qui compte.
Peut-on ralentir la maladie ?
On ne la guérit pas, mais un régime rénal, le contrôle de la pression artérielle et un traitement de la protéinurie repoussent l’insuffisance. D’où l’intérêt du dépistage précoce.
Ce guide fait partie de l’univers Chien de Planète Pets. Nos conseils sont d’ordre général : pour toute question de santé, votre vétérinaire reste la seule référence.