Basset hound : glaucome primaire, dépistage oculaire et budget de soins
Derrière son air placide, le basset hound cumule deux fragilités héréditaires bien documentées, dont l'une peut coûter la vue en quelques heures. Une étude de James Oliver, Abel Ekiri et Cathryn Mellersh, publiée en 2016 dans Canine Genetics and Epidemiology, a examiné 198 bassets hounds et trouvé que 38,4 % d'entre eux présentaient une dysplasie du ligament pectiné modérée ou sévère, une anomalie de l'angle iridocornéen considérée comme le principal facteur de risque du glaucome primaire par fermeture de l'angle (étude sur Google Scholar). Cette donnée change la façon d'aborder la fiche de race du basset hound et le suivi vétérinaire à prévoir.
Angle iridocornéen et glaucome : comprendre le mécanisme
L'humeur aqueuse produite dans l'oeil s'évacue par l'angle iridocornéen, une zone filtrante délimitée par le ligament pectiné. Quand ce ligament est dysplasique, l'évacuation se bloque et la pression intraoculaire grimpe : c'est le glaucome primaire par fermeture de l'angle. Les auteurs relèvent aussi que l'anomalie s'aggrave avec l'âge, ce qui interdit de se contenter d'un unique examen effectué chez le jeune chien. Oeil rouge et douloureux, cornée bleutée, pupille dilatée qui ne réagit plus, chien prostré ou qui se frotte l'oeil : ce tableau est une urgence absolue, car la rétine et le nerf optique peuvent être détruits en quelques heures. Seul un vétérinaire, idéalement ophtalmologiste, peut mesurer la pression et poser le diagnostic.
Dépistage : la gonioscopie, et pourquoi elle se répète
Le dépistage repose sur la gonioscopie, examen indolore réalisé sous sédation légère ou anesthésie de contact, qui visualise l'angle et gradue la dysplasie. Une étude de James Oliver, Sally Ricketts, Markus Kuehn et Cathryn Mellersh, publiée en 2019 dans Molecular Vision, a exploré la génétique de ce glaucome chez le basset hound européen à partir de 119 chiens et a confirmé une architecture héréditaire complexe, sans variant unique décisif à ce jour (étude sur Google Scholar). Faute de test ADN fiable, l'examen oculaire répété au cours de la vie du chien reste la meilleure arme, en complément des mesures d'hygiène et soins du chien destinées à surveiller les yeux au quotidien.
Seconde fragilité : la thrombopathie héréditaire
Le basset hound est également la race historique de la thrombopathie canine, un trouble de la fonction plaquettaire de transmission autosomique récessive. Une étude de Mary Boudreaux, James Catalfamo et Marion Klok, publiée en 2007 dans Translational Research, a identifié des mutations du gène codant la protéine CalDAG-GEFI, avec des plaquettes en nombre normal mais incapables de s'agréger correctement, un temps de saignement allongé, des saignements de nez et des saignements gingivaux (étude sur Google Scholar). Un test ADN existe pour cette anomalie ; il mérite d'être demandé à l'élevage, et signalé au vétérinaire avant toute chirurgie ou extraction dentaire.
Budget de soins et assurance
Un glaucome aigu impose une prise en charge d'urgence, souvent hors horaires, avec traitements hypotenseurs, contrôles rapprochés puis, selon l'évolution, une intervention chirurgicale ou l'énucléation d'un oeil devenu aveugle et douloureux. Comptez plusieurs centaines d'euros pour un bilan ophtalmologique complet et un traitement initial, et souvent plusieurs milliers d'euros sur la durée si les deux yeux sont concernés, car le second oeil est fréquemment à risque. Là encore, une couverture souscrite avant l'apparition des signes fait toute la différence : renseignez-vous pour assurer un basset hound et lisez notre guide sur l'assurance santé pour chien.
Questions fréquentes
À quel âge faire la première gonioscopie ?
Les programmes de dépistage la pratiquent classiquement chez le jeune adulte, avec des contrôles ultérieurs puisque la dysplasie s'aggrave avec l'âge. Votre vétérinaire ophtalmologiste fixera le rythme adapté à votre chien.
Un basset hound dépisté sain peut-il quand même faire un glaucome ?
Oui, le risque n'est jamais nul et l'anomalie peut apparaître ou progresser plus tard. Un examen normal réduit la probabilité mais ne dispense pas de surveiller les signes d'urgence.
La thrombopathie se voit-elle sur une prise de sang classique ?
Pas nécessairement : la numération plaquettaire et les bilans de coagulation usuels peuvent être normaux, comme le décrit l'étude de Boudreaux et ses collègues. Le test ADN et les tests de fonction plaquettaire sont plus informatifs.
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